La qualité du sperme est en fort déclin en France, selon une étude. Conduite sur plus de 26600 hommes elle montre qu’entre 1989 et 2005, la concentration en spermatozoïdes a diminué en moyenne de 32,2%. Ainsi, chez un homme de 35 ans, le nombre de spermatozoïdes est passé de 73,6 millions/ml à 49,9 millions/ml en moyenne, un niveau préoccupant même s’il permet encore de faire des bébés. Pour expliquer la baisse du nombre de spermatozoïdes totaux et celle du nombre de spermatozoïdes normaux, les facteurs classiques sont incriminés : plastifiants, pesticides, résidus de médicaments dans les eaux de boissons, l’obésité, les mêmes qui étaient pointés du doigt dans les années 1990.
Myriam Afeiche, une chercheuse de l'École de santé publique de Harvard a présenté le 23 octobre 2012 une étude qui a fait beaucoup parler à la 68ème Réunion de la Société américaine de médecine reproductive qui se tenait à San Diego (Californie). Elle a cherché une association entre le régime alimentaire et la qualité du sperme de 189 jeunes hommes âgés de 18 à 22 ans, issus d’une étude américaine, la Rochester Young Men’s Study. Conclusion: les hommes qui consomment entre 1,3 et 7,5 portions de laitages entiers par jour ont moins de spermatozoïdes normaux que les hommes qui consomment peu de laitages (zéro à 1,2 portions par jour). Les chercheurs ont trouvé que par rapport aux autres, les hommes qui consommaient plus de 3 portions de laitages entiers avaient une baisse de 25% de la qualité du sperme. Le Dr Afeiche explique que la teneur du lait de vache en hormones femelles, pourrait expliquer ces changements. Le lait de vache entier a aussi plus de risque de contenir des pesticides et d’autres polluants qui ont une affinité pour les graisses. Cela peut surprendre de découvrir qu'il y a des hormones dans le lait de vache. Il y en a parce que les vaches sont aujourd’hui traites pendant une grande partie de leur grossesse, ce qui n’était pas le cas autrefois, comme le montrent les enquêtes dans les tribus d’éleveurs nomades.

La production avant tout ! Lors de ma conférence de Reims en novembre 2012, j’ai donné quelques chiffres. Par exemple, on trouve entre 40 et 55 pg/ml de sulfate d’estrone libre, et 200 à 370 pg/ml de sulfate d'estrone conjugué dans le lait de vache. Cette hormone n’est pas détruite par la stérilisation et une partie est convertie par chacun de nous en estradiol. Il ya d’ailleurs aussi de l’estradiol dans le lait. Le total des estrogènes (libres et conjugués) peut dépasser 700 pg/mL dans le lait écrémé. Les graisses du lait renferment de leur côté des teneurs très élevées de progestérone. Des chercheurs japonais, qui enquêtent sur la baisse de la fertilité dans leur pays, ont trouvé une association avec l’explosion récente de la consommation de laitages. Ils ont calculé qu’un garçon qui consomme l’équivalent de 50 cL de lait par jour, « reçoit » 160 ng de sulfate d’estrone, dont une partie sera convertie en estradiol. A rapprocher des 40 à 100 ng quotidiens que le corps fabrique naturellement.
Ce qui nous conduit à la situation française. Les Français consommaient environ 5 kg de fromage par personne par an en 1950. Ce chiffre était de 18 kg en 1980, 23,5 kg en 2000, un peu plus de 24 kg en 2009. Nous sommes les deuxièmes plus gros consommateurs de fromages en Europe (kg/personne), derrière les Grecs. Voici donc l’hypothèse : l’un des principaux changements hormonaux dans notre environnement ces 60 dernières années en France, serait que nous sommes exposés dès le plus jeune âge aux hormones femelles des laitages, du fait du changement du mode de production du lait et de notre appétit pour le fromage et le beurre. C'est une étude américaine qui l'affirme : la consommation de bacon aurait tendance à altérer la qualité des spermatozoïdes. Il est donc conseillé aux couples cherchant à concevoir de supprimer les viandes transformées de leur alimentation.

Ce n'est pas nouveau, certains aliments, consommés par les hommes ou les femmes, influent en effet sur les chances de ces dernières de tomber enceinte. Alors, quels sont ceux à privilégier pour booster la fertilité ? Et quels sont ceux à bannir ? Si l’on en croit une étude menée par des chercheurs de la Harvard School of Public Health, les hommes qui consommeraient régulièrement du bacon ou de la viande transformée s’exposeraient à des problèmes de fertilité. Selon les résultats des recherches, présentés à la mi-octobre lors d’une conférence de l’American Society for Reproductive Medicine à Boston, manger régulièrement du bacon et des saucisses diminuerait en effet la qualité du sperme. Résultat : plus la consommation de viandes fabriquées industriellement était importante, moins le sperme était de bonne qualité. Au New York Daily News, l’un des auteurs de l’étude, le docteur Jorge Chavarro, a expliqué que « les hommes qui mangent seulement une tranche de bacon ou une saucisse de viande par jour ont 30% de spermatozoïdes normaux en moins que les hommes qui ne consomment pas ce type d’aliments ».
Découvrez toutes les réponses à vos questions sur l’infertilité. Ainsi, les hommes peuvent améliorer la qualité de leurs spermatozoïdes et ainsi augmenter les chances de leur partenaire de tomber enceinte en veillant davantage à leur alimentation. Une étude australienne a récemment démontré que la consommation d’aliments riches en antioxydants -et plus particulièrement la combinaison vitamine E et carotène bêta, deux antioxydants puissants-, permettrait d’accroître les performances des spermatozoïdes. De même, le zinc aurait un effet bénéfique sur la sécrétion de testostérone, hormone qui agit sur la fabrication et la mobilité des spermatozoïdes, tandis que certaines plantes « miracles » auraient la particularité de stimuler les organes reproducteurs. Enfin, à en croire une étude américaine, manger des noix rendrait les spermatozoïdes plus efficaces.
Dans l’objectif de concevoir un enfant, certaines catégories d’aliments méritent donc d'être priorisées, d’autres sont à bannir. À éviter : la charcuterie, les viennoiseries, les chips, le beurre et l’huile de palme. À privilégier : Les yaourts, les graines, les baies, les germes de blé, les brocolis, les épinards, le chou, le potiron, les oranges, les carottes, les abricots, les mangues, les amandes, le melon, les framboises, les patates douces, l'huile de soja, le saumon, les huîtres, les crustacés, les œufs, les céréales complètes, les pommes riches en vitamines C, les plantes « miracles » comme la sauge, l’ail, l’asperge, le fenouil, le ginseng.

Fertilité et alimentation du côté des femmes. Bien sûr, du côté des femmes également, un régime alimentaire particulier augmente les chances d’enfanter. Halte aux sucres rapides Si vous souhaitez tomber enceinte, commencez par bannir les aliments à index glycémique élevé qui augmentent rapidement votre taux de sucre dans le sang. En effet, fertilité et insulinosensibilité sont étroitement liées. À éviter : le sucre raffiné et les sucreries en général, la farine blanche, les sodas, le pain, les biscuits, les frites, les chips. À privilégier : le chocolat noir, les céréales complètes, les légumes secs, les fruits rouges, les légumes ainsi que les fibres qui ralentissent l’assimilation des sucres par l’organisme (son d’avoine, lentilles, haricots rouges, lentilles, pois, fèves, etc.).
Les produits laitiers allégés : de faux-amis. Les produits laitiers allégés sont peut-être des alliés minceur mais ils ne sont pas les amis d’une future grossesse. Une étude de l’université d’Harvard aux États-Unis a ainsi démontré que les yaourts 0%, pauvres en graisses, augmentaient les risques de troubles de l’ovulation et, par conséquent, d’infertilité. À l’inverse, les laitages entiers offriraient une certaine protection contre l’infertilité ovulatoire. À éviter : le lait écrémé, les yaourts 0%. À privilégier : le lait entier, le fromage blanc, le fromage, les yaourts non-allégés.
Du gras, oui, mais du bon. Contrairement aux idées reçues, les graisses ne sont pas forcément mauvaises pour l’organisme. Au contraire, elles participent à son bon fonctionnement et, à condition de choisir les bonnes (graisses polyinsaturées, oméga-3 et oméga-6), favorisent la fertilité. À éviter : les huiles végétales hydrogénées dissimulées dans les plats préparés et les pâtisseries industrielles. À privilégier : les huiles végétales d’olives, de colza, de noix ou de lin, les margarines riches en oméga-3, les poissons gras (sardine, saumon, maquereau, hareng) et les œufs.
Des vitamines B9 pour une grossesse sereine. Essentielles à la bonne santé de tout individu, les vitamines le sont d’autant plus pour les femmes qui envisagent d’avoir un enfant. La vitamine B9 (ou acide folique) notamment aide à faire croître et à protéger les cellules de l’organisme lorsque ces dernières se développent et se multiplient très rapidement ; ce qui est le cas pendant la grossesse. Les acides foliques protègent ainsi l’enfant de certaines malformations et préviennent la prématurité. À privilégier : épinards, mâche, cresson, lentilles, pois chiches, asperges, brocolis, pois, choux de Bruxelles, maïs, oranges, melons, châtaignes, moules, palourdes, quinoa.
Le sperme comme élément culinaire est une pratique controversée et largement discutée dans les médias et études présentées. Certaines affirmations sensationalistes décrivent des bénéfices potentiels, mais les données scientifiques robustes restent limitées et sujettes à caution. Les débats sur l’exposition hormonale via les laitages et les risques potentiels pour la fertilité continuent d’alimenter les essais et les enquêtes, sans consensus clair à ce stade.
Voir aussi: Fertilité : du poisson pour un sperme de meilleure qualité; Perturbateurs endocriniens et fertilité; Travail de nuit et fertilité féminine; Infertilité féminine et nouveaux traitements; Pourquoi mon sperme est jaune ?
Comment améliorer la qualité du sperme ?
Pour vérifier l’hypothèse sur l’impact des hormones des laitages et vérifier les mécanismes plausibles, il faudrait lancer une étude comparative sur ces questions, à grande échelle et avec un protocole robuste qui permettrait d’isoler les effets individuels des différents composants alimentaires et environnementaux.