Maîtrise de l'ensilage et pratiques agricoles longues pour une élevage rentable

Qu'est-ce que l'ensilage et pourquoi l'utiliser ? L'ensilage est une méthode de conservation des fourrages basée sur une fermentation anaérobie contrôlée. L'ensilage consiste à récolter le fourrage à un stade optimal, à le hacher finement et à le compacter dans un silo hermétique. En absence d'oxygène, des bactéries lactiques se développent et transforment les sucres de la plante en acide lactique. Contrairement à une idée reçue, ensilage et silage ne sont pas synonymes. Le choix du stade de récolte est déterminant pour la qualité du futur silage. Il faut viser le meilleur compromis entre quantité et qualité, généralement lorsque la plante est riche en sucres solubles. Après la coupe, le fourrage est haché finement pour faciliter le tassage et l'expulsion de l'air. Il est ensuite compacté dans un silo hermétique. La fermentation lactique anaérobie se met alors en place et stabilise le fourrage, à condition de maintenir un milieu sans oxygène. Il existe différents types de silos, des plus rustiques (taupinières, silos-couloirs) aux plus élaborés (silos-tours en béton ou en métal). Pour la récolte, une ensileuse est requise pour couper et hacher finement le fourrage. Des accessoires comme les bâches de couverture, les pneus ou les filets lestés sont indispensables pour assurer l'étanchéité du silo pendant la conservation. Pour limiter les pertes, il est crucial de bien tasser le fourrage pour chasser l'air, de couvrir rapidement le silo et d'assurer son étanchéité. Parmi les erreurs à éviter, on peut citer : récolter trop tard, hacher grossièrement, mal compacter le silo, laisser le front d'attaque exposé trop longtemps, négliger l'entretien du matériel.

Illustration des étapes de l'ensilage: récolte, hachage, tassage, scellement

Bien maîtriser l'ensilage est un atout précieux pour assurer une alimentation de qualité à vos animaux, gagner en autonomie fourragère et améliorer la rentabilité de votre élevage. En respectant les étapes clés et en investissant dans un matériel adapté, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour réussir vos silos. N'hésitez pas à vous former ou à vous faire conseiller pour perfectionner votre technique et optimiser ce savoir-faire ancestral qu'est l'ensilage !

1 minute pour comprendre... L'ENSILAGE

Ensilage désigne le processus de fermentation et de conservation du fourrage vert ou semé, dans des conditions anaérobies, afin de limiter les pertes d’énergie et les dégradations biologiques. Le but est de créer un milieu acide stable qui freine les micro-organismes indésirables et préserve la digestibilité des fibres et les protéines du fourrage. Une bonne pratique permet d’assurer des apports constants en énergie, en protéines et en vitamines, même lorsque les pâturages se font rares. Au cœur de l’Ensilage se trouve la fermentation lactique, un processus biologique rapide qui transforme les sucres du fourrage en acide lactique sous condition d’anaérobie. Cette acidification rapide abaisse le pH, inhibe les moisissures et les champignons, et conserve la matière sèche. Le choix du moment de la récolte et le compactage du fourrage dans le silo favorisent une fermentation efficace et stable. Le niveau de matière sèche (MS) au moment de l’enfouissement influence fortement la réussite de l’Ensilage. Une MS trop élevée peut limiter l’activité des bactéries lactiques, tandis qu’une MS trop faible peut favoriser des pertes d’énergie et des fermentations indésirables. Le secret de l’Ensilage repose sur un environnement sans oxygène après le scellement du silo. L’oxygène provoque deserm processos d’oxydation et l’apparition de moisissures. La base de tout ensilage réussi est la qualité du fourrage agrégé. Des feuilles riches en énergie, une teneur adéquate en protéines et une faible teneur en poussières et contaminants facilitent la fermentation. La teneur en humidité est un paramètre déterminant. Trop d’eau peut favoriser les fermentations indésirables et diminuer l’efficacité de l’étanchéité; trop peu d’eau peut durer la fermeture et réduire l’activité des bactéries lactiques. Le compactage est essentiel pour assurer un environnement anaérobie rapide. Un silo trop lâche laisse entrer l’oxygène, augmente les pertes et peut favoriser le développement de moisissures et de bactéries indésirables. Les systèmes d’Ensilage varient du silo enterré au silo-bunker, en passant par les sacs et les couvercles rigides. Quel que soit le système, un scellement fiable avec une couverture adaptée (bâche, film, chaînes) garantit une barrière contre l’oxygène et prolonge la durée de conservation du fourrage.

Schéma: flux de fermentation dans l'ensilage

Le maïs ensilage est l’une des cultures les plus utilisées en raison de sa densité énergétique élevée et de sa palatabilité pour les ruminants. Cependant, d’autres cultures comme les graminées, les ray-grass et les trèfles, ou des mélanges de céréales et légumineuses, peuvent être adaptés selon les objectifs nutritionnels et la diversité des zones climatiques. Les herbes fourragères riches en énergie et en fibres, ainsi que les légumineuses comme le trèfle ou la luzerne, apportent un profil nutritionnel équilibré. Les additifs tels que les inoculants lactiques, les enzymes et les sels d’acide peuvent améliorer la vitesse de fermentation et la stabilité du silo. Certains inoculants favorisent une fermentation lactique plus rapide et plus complète, réduisant les pertes et les odeurs désagréables. Une mauvaise fermeture du silo entraîne l’entrée d’oxygène, ce qui peut provoquer des pertes importantes et des dégradations du fourrage. Des odeurs désagréables ou des traces de moisissures indiquent souvent une mauvaise fermentation ou une contamination avant le scellement. Cela peut résulter d’un fourrage mal homogénéisé, d’un taux d’humidité inadapté, ou d’un manque de densité lors du remplissage.

Tableau des densités et teneurs de MS recommandées

La manipulation des silos et des balles d’Ensilage comporte des risques mécaniques et sanitaires. Un ensilage de qualité offre une alimentation équilibrée, soutenant la production laitière, la croissance et l’efficacité alimentaire. La stabilité du produit et sa digestibilité déterminent en grande partie la quantité d’énergie disponible pour l’animal, ainsi que la récupération des protéines et des minéraux. Le profil nutritionnel peut varier selon le stade de croissance des cultures et les conditions d’Ensilage. Pour tirer le meilleur parti de l’Ensilage, il faut intégrer le silage dans une ration équilibrée qui tient compte des besoins de l’animal, de l’âge, de la production et de l’état sanitaire. Les coûts d’Ensilage englobent la récolte, le conditionnement, le stockage et les additifs éventuels. L’efficacité du procédé et la réduction des pertes déterminent directement le retour sur investissement. En améliorant les pratiques de pré-ensilage, de compaction et de scellement, les exploitants peuvent réduire les pertes dues à l’oxydation et à la pourriture. La gestion durable de l’Ensilage peut s’appuyer sur des mélanges cultivés localement, l’utilisation de sous-produits agricoles comme complément nutritionnel, et des pratiques culturales qui réduisent les émissions et la consommation d’eau. La durabilité de l’Ensilage repose sur la réduction des pertes, le recours à des cultures adaptées au terrain et au climat, et la réduction des gaspillages alimentaires. En minimisant les déchets et en favorisant une meilleure digestion animale, l’Ensilage contribue à une empreinte écologique plus faible par unité de production animale. Dans une ferme moyenne, l’Ensilage peut être optimisée par une collecte matinale des fourrages, un mélange équilibré entre maïs et herbe, et l’utilisation d’inoculants adaptés. Le choix du moment de la récolte, basé sur l’observation de la teneur en sucre, facilite la fermentation et réduit les pertes. Pour diversifier les sources d’énergie et de protéines, certaines opérations combinent le maïs ensilage avec des légumineuses. Les mélanges, bien équilibrés, présentent des bénéfices sur la digestibilité et parfois sur la production de lait. Un ensilage correctement fermenté présente un pH bas, peu ou pas d’odeurs désagréables et une stabilité visuelle du fourrage. Des odeurs fortes, des traces de moisissures, une humidité mal maîtrisée ou une apparence poussiéreuse du fourrage peuvent signaler des problèmes. Oui, les mélanges entre maïs, graminées et légumineuses peuvent améliorer l’équilibre nutritionnel et la stabilité de fermentation. Ensilage n’est pas seulement une technique de conservation du fourrage. C’est une discipline complète qui associe agronomie, microbiologie, agronomie énergétique et économie. En maîtrisant les paramètres clés-qualité du fourrage, teneur en humidité, densité, inoculants et scellement-les exploitants peuvent obtenir des silages de grande valeur nutritionnelle, réduire les pertes et optimiser les coûts.

Diagramme de flux: étapes clés et paramètres critiques

Conserver le fourrage sous forme d’ensilage est couramment utilisé en élevage bovin. Mais « il faut respecter toutes les étapes pour limiter les pertes et obtenir un fourrage très productif », a rappelé Émilie Turmeau, référente en systèmes fourragers d’Elvup lors de l’assemblée générale de l’organisme. Elle est revenue avec Céline Cayez, référente en outils NIR et analyses fourragères, sur les points clés pour réussir son ensilage. Le processus d’ensilage se décompose en trois phases : une phase enzymatique qui vise à consommer rapidement l’oxygène (O2) pour atteindre un milieu anaérobie. Une phase de fermentation durant laquelle les bactéries lactiques abaissent le pH et assurent la conservation. Et une phase postfermentaire à l’ouverture du silo, marquée par une reprise d’activité des moisissures et des levures au contact de l’oxygène.

Coachings et formations sur l'ensilage

Maîtriser la composition de son silo: « Le fourrage doit être fourni en glucides solubles car c’est le carburant le plus important des bactéries, explique Céline Cayez. Pour cela, il faut bien identifier le stade de récolte pour que la plante soit suffisamment pourvue en sucres solubles », afin que les bactéries puissent se nourrir et réaliser la fermentation. Le taux de matière sèche (MS) doit être adapté au fourrage pour concilier conditions de récolte, conservation et valorisation. Il est recommandé d’avoir de 30 à 35 % de MS pour les graminées et le maïs ensilage, 50 à 60 % pour le maïs épi et 35 à 40 % pour les légumineuses. « On préconise moins de 48 heures entre la fauche et la récolte », précise Céline Cayez.

Tableau de coupe recommandée selon le type de fourrage

Pour optimiser l’activité des bactéries lactiques et freiner le pouvoir tampon de certains fourrages, la température de l’air doit être comprise entre 10 et 12°C. La propreté du silo et du matériel ainsi que la qualité des interventions sont également essentielles car la présence de terre peut introduire des bactéries indésirables et nuire à la fermentation. La longueur de coupe doit être ajustée au type de fourrage, à son taux de MS et à son stade de maturité. Pour les graminées (30 à 35 % de MS), une longueur de 14 à 16 mm est conseillée, avec une coupe plus longue lorsque le fourrage est humide ou plus précoce. Pour les légumineuses, plus le fourrage est sec, plus la taille de coupe sera longue. Il est recommandé de couper entre 8 et 19 mm car, en mangeant, la vache réduit le fourrage à 10 mm. Dans l’idéal, l’ensilage doit avoir entre 2 et 8 % de coupe grossière (supérieure à 19 mm) au maximum car cela augmente son temps d’ingestion, au détriment du repos et de la production. Une coupe trop courte peut, quant à elle, entraîner un risque d’acidose.

Infographie: longueurs de coupe recommandées

Lors de la conception du silo, quel que soit le type de fourrage, l’éleveur doit prévoir un avancement d’environ un mètre par semaine en hiver et deux mètres en été car lors de l’ouverture, l’air peut pénétrer jusqu’à un mètre et ainsi relancer l’activité bactérienne. Pour le tassage, « les meilleures densités ont été obtenues entre une et quatre minutes de tassage par tonne de matière brute (MB), avec un débit inférieur à 30 tonnes de matière brute par heure », souligne Émilie Turmeau. L’objectif est d’avoir le moins d’air possible avec une porosité maximale de 40 % et une densité minimale de 750 kg MB/m³. Le bâchage doit être hermétique pour limiter l’air, l’utilisation d’un film barrière à l’oxygène (O2) ainsi que de poids aux jointures et au-dessus du front d’attaque peut aider. Attention, si l’ensilage est sur plusieurs jours, « le bâchage différé peut entraîner des pertes », indique la conseillère. La couverture du silo est tout aussi importante. Investir dans une bâche de qualité prolongera la durée de protection de votre ensilage. Après la récolte, les cellules des tissus végétaux continuent leur activité métabolique, consommant de l’oxygène et produisant du dioxyde de carbone, de l’eau et de la chaleur. Pour minimiser les pertes de sucres solubles, il est crucial de couvrir rapidement le silo et de tasser efficacement, limitant ainsi l'air présent. Une fois l’oxygène épuisé, des bactéries anaérobies entrent en action. D'abord, les bactéries acétiques transforment les glucides restants en acide acétique, abaissant le pH à 5. Le pH se stabilise en dessous de 4, empêchant le développement de toute espèce et garantissant la stabilité du silo pour une durée pouvant aller jusqu'à 18 à 24 mois. Dans des conditions optimales, le taux d'acide lactique atteint 4 % de la matière sèche en 5 jours et se stabilise entre 6 et 7 % en moins de 2 mois. Il est donc essentiel de maintenir le silo fermé pendant au moins 4 semaines pour assurer une bonne conservation et faciliter la transition alimentaire de vos animaux.

Photo illustrant le processus de fermentation et le scellement

L’ensilage est une méthode importante de conservation des fourrages pour les agriculteurs qui veulent des aliments de haute qualité pour leur bétail. Cette technique consiste à conserver les cultures fourragères telles que l’herbe, le maïs ou le sorgho en les stockant dans des silos étanches pour les protéger de l’air. En préservant les nutriments essentiels tels que les protéines, les vitamines et les minéraux, l’ensilage offre une alimentation équilibrée et riche en éléments nutritifs pour les animaux d’élevage et s’avère être une option économiquement avantageuse et bénéfique pour les exploitations agricoles. Préservation des nutriments : L’une des principales raisons du choix de l’ensilage est sa capacité à préserver de manière optimale les nutriments contenus dans la culture fourragère. Contrairement à d’autres méthodes de conservation telles que le séchage du foin, l’ensilage retient davantage les nutriments essentiels des plantes. Adaptabilité : L’ensilage offre aux agriculteurs une grande flexibilité dans le choix des cultures fourragères. Il peut être fabriqué à partir de différentes plantes, ce qui le rend adaptable aux conditions climatiques et aux préférences locales. Pour réussir l’ensilage, quelques étapes clés doivent être respectées. Tout d’abord, la récolte fourragère doit être effectuée au moment optimal de maturité. Après la récolte, les cultures fourragères doivent être hachées. Le broyage permet un meilleur compactage de la matière lors de son stockage en silos, ce qui favorise une fermentation anaérobie homogène. Vient ensuite l’étape critique du compactage du silo. Les aliments doivent être bien compactés pour éliminer tout air emprisonné, car l’oxygène peut altérer le processus de fermentation et entraîner une perte de nutriments. Enfin, le silo doit être étanche pour éviter les entrées d’air lors de la conservation. La réussite de l’ensilage dépend également du choix des bons outils. Faucheuse-conditionneuse, Ensileuse, Remorque autochargeuse, Machine d’emballage d’ensilage. En conclusion, l’ensilage est une méthode avantageuse de conservation des fourrages pour les agriculteurs, leur permettant de conserver efficacement les nutriments essentiels aux cultures fourragères. L’ensilage est une pratique indispensable dans le domaine agricole pour assurer une alimentation de qualité constante aux troupeaux, indépendamment des saisons.

Schéma des équipements: faucheuse-conditionneuse, ensileuse, remorque, machine d’emballage
  1. La qualité de l’ensilage est déterminée dès le stade de la coupe. Idéalement, la coupe devrait être effectuée environ une semaine avant le début de l’épiaison des graminées et entre 2 et 4 cm. C’est la condition pour minimiser la présence de terre et de bactéries butyriques.
  2. L’ensilage est stocké dans des conditions humides. Cette acidité est directement liée à la teneur en matière sèche. Pour minimiser les pertes, il est essentiel de remplir rapidement le silo et de le fermer hermétiquement dès que possible. Un bon conditionnement réduit les entrées d’oxygène. Des changements de couleur dans les 20 premiers centimètres sous la bâche indiquent la présence d’humidité. Si le silo s’affaisse, il y a post-fermentation, ce qui est préjudiciable à la valeur nutritionnelle du fourrage. La qualité de l’ensilage est évaluée visuellement et olfactivement. Si le silo dégage une odeur de beurre rance associée à une teinte verdâtre, cela peut indiquer la présence d’acide butyrique. Une odeur de vinaigre ou d’alcool signifie que le silo produit de l’acide acétique ou de l’éthanol.
  3. Outre les techniques d’ensilage, les conservateurs peuvent être utilisés pour préserver la qualité du fourrage. Deux types de conservateurs peuvent être ajoutés : les conservateurs bactériens et les conservateurs chimiques. Les bactéries, également appelées inoculants, enrichissent l’aliment en bactéries lactiques afin d’accélérer la fermentation et d’améliorer la conservation. Parmi les bactéries lactiques utilisées, on distingue les bactéries « acidifiantes », comme Lactobacillus plantarum et Lactobacillus lactis, et les bactéries « stabilisantes » ou « anti-chauffe », comme Lactobacillus buchneri et Lactobacillus brevis.

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