L'Épopée de la Crêpe : Des Traditions Anciennes aux Entreprises Modernes

L'histoire de la crêpe est une saga millénaire, tissée de coutumes, de légendes et de savoir-faire, qui a traversé les âges pour devenir un symbole culinaire, particulièrement ancré dans le patrimoine français. De ses origines lointaines, liées aux rites de fertilité et aux premières céréales transformées, à son statut actuel d'emblème festif et commercial, la crêpe a su évoluer tout en conservant son essence. Elle marque son empreinte au fil des siècles, incarnant à la fois la simplicité des traditions paysannes et l'innovation des entreprises modernes. Cet article explore les multiples facettes de cette galette universelle, depuis ses racines historiques et culturelles jusqu'à son rôle dans l'économie contemporaine, en passant par la symbolique profonde de fêtes comme la Chandeleur.

Histoire des crêpes et galettes

Les Racines Anciennes : Des Premières Galettes à la Chandeleur

L'origine de la crêpe, comprise comme une galette réalisée à partir de céréales, est intrinsèquement liée à l'histoire de l'agriculture et de la transformation alimentaire. Les premières traces de ce qui deviendra plus tard la crêpe remontent à l'Antiquité. Il faut remonter loin dans le passé pour trouver les premières traces de ce plat. Si l'on considère la crêpe comme une galette réalisée à partir de céréales, son histoire est liée à celle de l'arrivée du pain, vers 14 000 avant J.-C., date à laquelle des premières traces du plat ont été retrouvées en Jordanie actuelle. Plus tard, durant l'Antiquité, les Romains continuent de confectionner des galettes, notamment les légionnaires, payés en grain.

Dans le folklore populaire, la Bretagne est souvent associée à la crêpe, mais son histoire est bien plus vaste et ancienne. Les premières traces de la crêpe moderne font leur apparition dans un ouvrage du XIIIe siècle. Le chevalier anglo-normand Walter de Bibbesworth écrit "Le Tretiz", un recueil de poèmes destiné aux enfants de la noblesse pour leur apprendre le Français. Dans ce texte, son auteur évoque, lorsqu'il mentionne différents plats, des "crispes". Dérivé du latin "crispus", qui renvoie à un élément ondulé, ce terme est la première mention des crêpes modernes. Plus tard, vers la fin du XIVe siècle, le "Ménagier de Paris" est publié. Cet ouvrage, écrit par un bourgeois de l'époque à destination de son épouse, comporte des principes et préceptes, mais également des recettes. Parmi ces dernières, on retrouve une recette de crêpes, "à la mode de Tournay", utilisant de la farine, des œufs, du beurre, de l'huile et du vin blanc.

La crêpe est également intimement liée à la Chandeleur, une fête ancestrale aux origines complexes, à la fois païennes et chrétiennes. Les premières traces de ce qui deviendra plus tard la Chandeleur remontent à l'Antiquité romaine. À cette époque, les Romains célébraient les Lupercales, une fête en l'honneur de Lupercus, le dieu de la fécondité et protecteur des troupeaux. Cette célébration, organisée à la mi-février, comprenait des rituels destinés à purifier les lieux, protéger les récoltes et garantir la prospérité des troupeaux. Une des pratiques emblématiques des Lupercales consistait en des processions nocturnes au cours desquelles les participants portaient des torches. Ces processions avaient pour but d’éloigner les mauvais esprits tout en invoquant la bénédiction des champs et des cultures. Les torches, dans ces rituels, symbolisaient à la fois la lumière, la purification et l’espoir d’un renouveau, annonçant l’arrivée prochaine du printemps.

Deux fêtes païennes se déroulaient historiquement début février. La fête celte d’Imbolc qui a lieu le 1er février signalait la reprise des travaux aux champs. Le 15 février marquait la date des Lupercales romaines qui célébraient la fin de l’hiver. C’était le moment de purifier les troupeaux et les champs avant de semer afin de s’assurer fécondité et prospérité. Les paysans parcouraient les champs munis de flambeaux et préparaient des crêpes avec les restes de farine des réserves.

Avec l’arrivée du christianisme et son expansion à travers l’Europe, l’Église a souvent intégré et transformé les traditions païennes pour les adapter à ses propres célébrations. En 472, le pape Gélase Ier christianise cette fête : tous les 2 février, les fidèles devaient allumer des cierges à l’Église et les ramener dans leur maison. C’est ainsi que les Lupercales ont progressivement laissé place à la fête chrétienne de la Chandeleur. Cette dernière a été fixée au 2 février, soit exactement 40 jours après Noël. La date n’est pas anodine, car elle correspond à la Présentation de Jésus au Temple, un événement relaté dans l’Évangile selon Luc. Pour marquer cette célébration, l’Église a instauré des processions où les fidèles portaient des chandelles, symbolisant la lumière divine apportée au monde par Jésus-Christ. Cette coutume est à l’origine du terme "chandeleur", qui dérive du latin "festa candelarum", littéralement "fête des chandelles". Ces processions avaient également une valeur spirituelle, car les chandelles bénies étaient censées protéger les foyers des catastrophes et des mauvais esprits tout au long de l’année. Dans l’évangile, Saint Luc rapporte la prière du vieillard Syméon tenant Jésus entre ses bras : « Mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple. » Dans ces paroles, Jésus est reconnu comme Lumière. C’est pour cette raison que cette fête s’appelle aussi la Chandeleur.

Au Moyen Âge, la Chandeleur a commencé à se teinter de nouvelles significations, en lien avec les croyances populaires et les pratiques agricoles. La confection de crêpes, qui est aujourd’hui l’élément central de cette fête, trouve ses racines dans cette époque. Les paysans utilisaient la farine restante des récoltes de l’année précédente pour préparer des crêpes, ce qui symbolisait la prospérité et l’espoir de bonnes récoltes à venir. La forme ronde et dorée des crêpes évoquait également le soleil, lui-même perçu comme un symbole de lumière, de chaleur et de renouveau. En effet, au début du mois de février, les jours commencent progressivement à rallonger. La consommation de crêpes serait donc un hommage au cycle de saisons et plus précisément à l’arrivée du Printemps qui annonce des jours meilleurs.

Cette fête est également accompagnée de superstitions. Si les paysans ne faisaient pas de crêpes à la Chandeleur, le blé serait mauvais l’année suivante. Pour être assurés que la récolte serait bonne et les finances prospères, ils se devaient de retourner la première crêpe en la jetant en l’air de la main droite tout en tenant un Louis d’or dans la main gauche. Ils devaient alors veiller à ce qu’elle retombe parfaitement dans la poêle. Une autre tradition, qui perdure encore aujourd’hui, est celle de faire sauter la première crêpe en tenant une pièce de monnaie dans la main. Ce geste était autrefois censé attirer la chance et la prospérité pour l’année à venir.

Origines païennes et chrétiennes de la Chandeleur

La Crêpe en Bretagne : Une Identité Marquée et un Savoir-Faire Transmis

Bien que la crêpe soit un plat universel, elle est aujourd'hui traditionnellement rattachée à la Bretagne, où elle a acquis une identité culturelle forte. La Bretagne est connue pour son drapeau noir et blanc, ses coiffes bigoudènes, sa météo capricieuse mais aussi, et surtout, pour ses crêpes. Confectionnées par les légionnaires romains, les galettes ont trouvé en Bretagne un terreau fertile pour se développer et devenir un pilier de la gastronomie locale.

Le sarrasin, ou blé noir, est un élément constitutif de la gastronomie bretonne. Il a historiquement toujours été très apprécié, car il restait abordable même en période de famine, comme le rapporte l'historien Erwan Le Gall dans un article paru en ligne. Autrefois, la crêpe de sarrasin n'était pas garnie comme aujourd'hui ; on la coupait en lanières et on la mettait dans la soupe, elle servait de substitut au pain. C'est à partir de la fin du XIXe siècle qu'on a commencé à garnir les crêpes, marquant une évolution significative dans leur préparation et leur consommation.

Dans le folklore breton, la crêpe est également associée à des coutumes et des légendes spécifiques. Par exemple, dans le pays de Tréguier, il était d'usage de mettre de côté la dernière crêpe ou « krassen » sèche et grillée pour le lutin de la maison, sous peine de voir le malheur s’abattre soudainement sur la demeure. L’usage, toujours, voulait qu’à la Toussaint l’on mangeât des crêpes de blé noir en prenant soin de garder la « part des morts », et l’on voyait les enfants aller de village en village, munis d’une sonnette pour quêter la « crêpe des trépassés ». On raconte également l'histoire d'un barde qui rêvait de construire sa chaumière avec un toit tout de crêpes recouvert.

La transmission du savoir-faire est au cœur de cette tradition. Le moulin Larnicol, dont la construction daterait de la fin du XVIIe siècle, une pierre trouvée sur les lieux datant de 1776 en fait foi, est une minoterie familiale depuis trois générations. Pierrick et Arnaud Le Rhun, meuniers passionnés, respectent le savoir-faire transmis par leurs parents, assurant la qualité des farines utilisées pour les crêpes.

Moulin familial en Bretagne

Des Innovations Techniques et Commerciales : La Crêpe à l'Ère Industrielle

L'évolution de la crêpe ne s'est pas arrêtée aux traditions culinaires et folkloriques ; elle a également bénéficié d'innovations techniques et commerciales majeures. L'une des avancées significatives a été l'invention du bilig au gaz. En 1949, Jean-Marie Bosser, à la suite d’une demande de sa belle-sœur, inventa le bilig au gaz. L’idée de départ était de fabriquer un réchaud pour supporter une lessiveuse, démontrant comment des besoins pratiques peuvent mener à des inventions culinaires.

L'industrie de la crêpe a pris un essor considérable avec l'émergence d'entreprises dédiées à sa production à grande échelle. Crêpes Whaou! est un exemple notable de cette industrialisation. En 1981, après avoir tenu des crêperies en Bretagne, dans la ville de Meslan, Christian Faure crée une entreprise de fabrication de crêpes industrielles. Ce sont d'abord des crêpes classiques, nature. La production de Crêpes Whaou! dépasse un million de crêpes chaque jour en 2011, assurée par 150 salariés à Plouédern dans le Finistère. La production représente 70 % du marché français en 2011 ; elle est en partie exportée, vers les États-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique, l'Allemagne. En 2015, l'entreprise produit annuellement 12 000 tonnes de crêpes. Les crêpes sont fourrées notamment au chocolat, à la fraise, à la pomme. Le symbole visuel de la marque est accompagné d'un girafon tacheté de brun comme les crêpes.

L'univers de la mer et de la course au large a également été marqué par ce nom : trois bateaux ont remporté sous le nom de Crêpes Whaou! Le premier trimaran en bois, nommé "Crêpes Whaou!", devient en 2002. Sous ce nom, il gagne une nouvelle fois la Route du Rhum. En 2004, il gagne la Transat Québec-Saint-Malo. Le "Crêpes Whaou! 2", mis à l'eau en avril 2005, remporte en novembre, mené par Franck-Yves Escoffier et Kevin Escoffier, la Transat Jacques-Vabre. Il gagne la Route du Rhum 2006, la Transat Jacques-Vabre 2007 et la Transat Québec-Saint-Malo 2008. Le "Crêpes Whaou! 3", mis à l'eau en 2009, gagne la Transat Jacques-Vabre cette année-là.

Au-delà de la production de masse, l'innovation concerne aussi la distribution et la consommation de crêpes. Face à la demande croissante, certaines crêperies ont dû innover pour répondre à l'engouement. Par exemple, une crêperie parisienne a eu l’idée originale de proposer de la pâte à crêpes en bouteille. Cette solution permettait aux clients de réaliser leurs crêpes à la maison, sans avoir à préparer la pâte eux-mêmes, une alternative pratique face à la surcharge des billigs (crêpières).

Bateau de course

La Crêperie Moderne : Entre Tradition et Transformation d'Entreprise

L'essor de la crêpe comme produit commercial a conduit à la création de nombreuses entreprises spécialisées, dont le statut juridique et l'activité sont enregistrés dans divers référentiels publics. Toutes les structures référencées sur notre site sont inscrites à un ou plusieurs référentiels publics (base Sirene, RNE, RNA). L’Extrait RNE est le justificatif d’immatriculation de l’entreprise. Il contient les mêmes données qu’un extrait KBIS/D1.

Une structure, par exemple, est inscrite dans la base Sirene tenue par l’Insee depuis le 26/06/2014. Elle a été mise à jour le 06/12/2025. Une autre structure est immatriculée au Registre National des Entreprises (RNE), tenu par l’INPI, depuis le 09/07/2014 et a été mise à jour le 19/05/2024. Le Registre National des Entreprises (RNE) liste les entreprises de France. Ce registre est tenu par l’INPI. Ces structures sont enregistrées avec des informations telles que leur dénomination, leur numéro SIREN et SIRET du siège social, leur numéro de TVA Intracommunautaire, et leur numéro EORI (Economic Operator Registration and Identification), un identifiant unique communautaire permettant d’identifier l’entreprise dans ses relations avec les autorités douanières. Leur activité principale est codifiée selon la nomenclature NAF/APE. L'effectif salarié est également une donnée enregistrée, s'affichant à partir de deux données de l’Insee : la tranche d’effectifs salariés, et le caractère employeur des établissements. Certaines unités peuvent être déclarées comme non employeuses. La catégorie d'entreprise, calculée par l'Insee, peut indiquer si l'unité légale appartient à un groupe. D'autres informations incluent la date de création, les conventions collectives applicables (ou leur absence), le capital social, la date de clôture de l’exercice comptable, la date de fin de la personne morale, les dirigeants, ainsi que les annonces BODACC et observations au RNE qui assurent la publicité des actes enregistrés pour une entreprise (procédures collectives, ventes, créations, modifications, radiations et dépôts des comptes). Chaque établissement possède également un enseigne, un nom, une adresse, un SIRET, une clé NIC, et une activité principale spécifiée.

La crêperie moderne peut prendre des formes diverses. Olivier Lazennec, maître restaurateur à Landeda (Finistère), a réorienté sa carrière en transformant son restaurant. Olivier Lazennec, fondateur du restaurant "Histoires de crêpes", nous présente sa crêpicerie. La crêpicerie a ouvert début 2022. La restauration est un métier difficile, et la crise sanitaire a sans doute modifié la façon dont certains restaurateurs ont pu percevoir leur devenir en repensant leur profession. Fondateur, en 2008, de l’établissement "Histoire de crêpes", médaillé et ayant obtenu une toque au célèbre guide Gault et Millau en 2021, Olivier Lazennec a profité du premier confinement pour repenser sa carrière. Il a tout d’abord continué son activité avec un restaurant fermé, rebondissant pendant l’interdiction d’ouvrir au public en continuant à travailler en faisant des crêpes à emporter. Quand il a pu rouvrir, il a été confronté à un autre problème, le manque de personnel. Olivier est avant tout un artiste créateur dans l’âme, pas seulement un crêpier. Ses créations ont été largement médiatisées par le passé et portent la marque inimitable de sa touche personnelle. La décision fut prise de transformer la crêperie familiale qu’il gère en compagnie de Corinne, son épouse, en crêpicerie. Parmi ses autres curiosités, le fameux Gazek, un kouign amman à base de pâte à crêpe, est le produit phare de la maison qui rencontre toujours un franc succès. Depuis peu, Olivier a eu l’idée de partager sa passion en donnant des cours pour apprendre à faire des crêpes.

La véritable histoire de la crêpe et de la galette bretonne

La Chandeleur : Une Fête Commercialisée et un Appel au Partage Authentique

La Chandeleur, bien qu'ancrée dans des traditions anciennes, est devenue une période phare pour les amateurs de gourmandises et pour les crêperies. Cette tradition, profondément enracinée dans la culture française, marque un moment clé de l’année, un rendez-vous qui dépasse la simple dégustation de crêpes. Mais la tradition s’étend bien au-delà du cercle familial. Par exemple, dans les Établissements d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) ou encore dans les cantines scolaires, des animations autour des crêpes sont organisées pour célébrer cette journée. Certaines villes vont encore plus loin en célébrant la Chandeleur de manière festive et culturelle. À Lyon, par exemple, on organise le Lyon Crêpe Festival, un événement qui met à l’honneur non seulement les crêpes et galettes, mais également la culture bretonne dans son ensemble. Ce festival propose des activités variées, allant de la dégustation à des ateliers éducatifs, en passant par des spectacles culturels. La Chandeleur est également une opportunité pour de nombreuses associations qui organisent des ventes de crêpes pour financer leurs activités. De même, certains instituts de formation profitent de cette période pour organiser des journées portes ouvertes.

Pour les professionnels, la Chandeleur est synonyme d’intense activité. Les chefs, traiteurs et crêperies connaissent une affluence particulièrement marquée non seulement le jour même, mais aussi durant les semaines qui précèdent et suivent la fête. Les services, que ce soit à midi ou le soir, affichent souvent complet.

Cependant, on assiste depuis quelques années à une intensification du matraquage publicitaire autour de la Chandeleur. Comme cela a été le cas pour d’autres fêtes telles que la Saint-Valentin, la Fête des Mères, Halloween ou la Saint-Patrick, la Chandeleur est devenue un prétexte pour les marques de promouvoir leurs produits de manière souvent déconnectée de l’esprit de la fête. Dans les rayons des grandes surfaces, on trouve des mises en scène spectaculaires : des palettes entières de confiture, des étalages de pots de pâte à tartiner, et même des "villages" dédiés à la Chandeleur, construits à grands renforts de packaging et de marketing. Certaines marques, comme Tefal, Francine ou Nutella, occupent le devant de la scène avec des slogans tape-à-l'œil comme : « Nutella, l'invité incontournable pour une Chandeleur réussie. »

À l’origine, la Chandeleur est une célébration centrée sur la transmission et le partage. C’est le moment où les grands-parents apprennent aux plus jeunes à faire des crêpes, où les familles se rassemblent pour un moment de convivialité. La simplicité de cette fête est ce qui fait tout son charme : on fait sauter les crêpes, parfois elles tombent par terre, le chien les mange, et tout le monde rit. Ce n’est pas une célébration de la consommation de masse ni de la malbouffe. Pourtant, il serait tout à fait possible pour les marques de contribuer à la Chandeleur d’une manière plus responsable et en accord avec l’esprit de cette fête. Plutôt que de se limiter à vendre des produits, des entreprises pourraient organiser des visites de moulins pour faire découvrir le métier de meunier et le processus de fabrication de la farine. Une telle initiative permettrait de reconnecter les consommateurs avec les origines des ingrédients qu’ils utilisent pour faire leurs crêpes. Spécialisée dans la fabrication de crêpières, une marque pourrait organiser des ateliers pratiques ou des tutoriels pour apprendre à utiliser leurs produits de manière optimale. Malheureusement, la direction actuelle semble plutôt s’inscrire dans une logique purement mercantile. Ce que l’on voit aujourd’hui dans les supermarchés, avec leurs promotions agressives et leurs rayons saturés, reflète une tendance globale à transformer chaque célébration en une opportunité de vendre plus.

Malgré cette critique, il est important de souligner que l’intention n’est pas de gâcher le plaisir de la Chandeleur. Au contraire, l’espoir est que chacun continue à profiter de cette fête pour partager des moments simples et joyeux avec ses proches. Alors, sortez vos poêles, préparez vos crêpes, et savourez ce temps convivial.

La Chandeleur est également célébrée dans d'autres pays, bien que les traditions varient. Aux États-Unis et au Canada, le 2 février est le « jour de la Marmotte » ou « Groundhog Day ». Selon la tradition, c’est le moment de fixer la fin de l’hiver. On observe le terrier des marmottes. Si le temps est nuageux et que le petit mammifère ne voit pas son ombre, cela prédit que le printemps commencera très bientôt. En revanche, si le soleil est au rendez-vous et que la marmotte voit son ombre, elle aura peur et retournera dans son terrier, et on dit alors que l’hiver durera encore 6 semaines. Au Luxembourg, on fête « Liichtmëssdag ». Au Mexique, on ne déguste pas des crêpes mais des tamales pour le « Día de la Candelaria » qui est là-bas un jour férié. C’est celui qui a tiré la fève de la galette des rois qui est chargé de recevoir pour la Chandeleur. C’est l’occasion de se réunir pour déguster les fameuses tamales, des feuilles de banane ou de maïs, garnies avec des fruits ou de la viande.

La Chandeleur est donc l’occasion de célébrer l’hiver qui se termine, célébrer la lumière, célébrer la gourmandise et le partage ! L’important est de se retrouver et de profiter ensemble d’un moment de convivialité.

Fête de la Chandeleur avec crêpes

La Fête des Crêpes : Une Tradition Vivante et Évolutive

Au-delà de la Chandeleur, d'autres manifestations célèbrent la crêpe et perpétuent ses traditions. La famille Naudin, par exemple, est fortement impliquée dans l'organisation de la traditionnelle fête des crêpes aux Hermites (Indre-et-Loire). Les membres de la Société des crêpes se sont réunis le 18 février 2023 pour la décoration du tracteur et de la charrette sur laquelle sera installé le bonhomme carnaval en amont de cette fête. Florian Naudin, président des crêpes 2023, était entouré de son père, Dominique, et de son grand-père, Jean-Claude, présidents respectivement en 1996 et 1957.

Les récits des anciens témoignent de l'évolution de cette fête. En 1957, le bonhomme, préparé avec de la paille, était promené de café en café. Le président était transporté debout sur une table par ses camarades, la pâte était préparée par le restaurant et un musicien jouait de l’accordéon toute la soirée. Les participants, une vingtaine, cuisaient des crêpes avec des poêles à long manche directement sur le feu, pendant que les filles dansaient. Les crêpes étaient vendues seulement dans le bourg. Jean-Claude Naudin estime qu'environ 500 crêpes étaient confectionnées à cette époque, contrastant avec l'ampleur actuelle : « Aujourd’hui, c’est une usine ! ».

En 1996, quand son fils, Dominique Naudin, a été président, l’organisation était quasiment la même que celle d’aujourd’hui : une préparation plusieurs semaines à l’avance, un bonhomme sur une charrette tirée par un tracteur, un défilé, les harengs grillés le jeudi matin sur la place. Il se souvient qu’un âne tirait la charrette entre 1974 et 1976. Le début des années 1980 a marqué un vrai tournant, à partir de cette époque que les jeunes Hermitois ont commencé à faire la fête une semaine durant. Le tracteur a été utilisé à partir de 1985 pour tirer la charrette. D’autres anecdotes ont marqué la fête des crêpes. En 1976 et en 1992, le bûcher a été allumé au stade à cause d’un vent violent. En 2021, à cause du Covid, la fête n’a pas eu lieu.

Depuis des décennies, les présidents changent chaque année. Longtemps réservée à un jeune homme, la présidence a tout de même été assurée par quelques filles. Émilie et Caroline, co-présidentes, ont ouvert la voie en 2001, suivies plus tard par Alexandra et Amandine. La famille Naudin a été largement représentée puisqu’une quinzaine de membres ont été présidents. Dans deux ans, Axel Naudin, le frère de Florian, reprendra certainement le flambeau.

Ce mercredi 22 février 2023, mercredi des Cendres, 10 000 crêpes ont été préparées sur la place. À 14 h 30, un défilé du carnaval sur le thème du sport automobile, avec les enfants déguisés, était organisé. Confection et dégustation de crêpes sur la place, fanfare et restauration sur place le soir complétaient l'événement.

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