Par Renzo Mongiardino, maître du décor historique à l’origine de la renaissance du lieu après l’incendie de 1981. Émilie Fouilloux, directrice artistique du Castello di Cigognola, dans la petite bibliothèque. Perché au sommet d’une colline de la province de Pavie, en Lombardie, le château de Cigognola domine le paysage. Édifiée au début du XIIIe siècle, cette austère construction a d’abord été une place défensive, avant de devenir un domaine viticole aujourd’hui cultivé selon les principes de l’agriculture biologique. Bien qu’il demeure une propriété privée, le château ouvre ponctuellement ses portes au public. Depuis six ans, il s’anime chaque mois de juillet autour d’un festival dédié aux arts vivants, mêlant danse et musique à travers des concerts de jazz comme de musique de chambre.
« Cette année, nous accueillerons une performance de l’acrobate, metteur en scène et chorégraphe Yoann Bourgeois. Il renouvelle le cirque dans une expression contemporaine, poétique et artistique », assure Émilie Fouilloux, ancienne danseuse formée à l’école de danse de l’Opéra de Paris, aujourd’hui directrice artistique du Castello di Cigognola, aux côtés de son partenaire Gabriele Moratti, à la fois exploitant du domaine viticole de la propriété familiale et directeur artistique de la marque de mode Redemption. « L’été, les familles viennent dans la cour assister à des spectacles en plein air. Il nous semblait important d’ouvrir les lieux au public, de faire découvrir cette demeure qui nous est chère. »
En parallèle de cette initiative, Émilie Fouilloux organise chaque mois d’octobre des réceptions à caractère privé. Portraits de famille dans la petite bibliothèque. Pour Gabriele Moratti, le projet s’est imposé comme une évidence. « J’ai fait mes études à l’étranger, je n’avais jamais véritablement passé beaucoup de temps ici, mais je m’y suis retiré durant la période du Covid, explique-t-il. C’est là que je suis tombé sous le charme des lieux, que j’en ai perçu toute la beauté. »
Si le château est emblématique aujourd’hui par sa vocation viticole et culturelle, son histoire remonte au Moyen Âge comme fortification défensive. « S’il s’agissait à l’origine d’un bâtiment militaire, avec la fin du féodalisme, il a été transformé à la Renaissance en résidence de familles nobles, organisée autour d’une vie de cour. Au début du XIXe siècle, son propriétaire a fait construire, sur les vestiges de l’ancien château fort, des élucubrations néogothiques avec des tours crénelées et des armoiries sculptées dans la pierre au-dessus des porches. »
En décembre 1981, un incendie a grandement endommagé l’édifice. « Ma mère, qui était proche de l’architecte Renzo Mongiardino, lui a demandé de transformer cette construction un peu austère en un lieu de vie agréable et accueillant. Mes parents lui avaient déjà confié leur maison milanaise et une autre demeure près de Londres », se souvient Gabriele Moratti. Figure majeure de la décoration italienne d’après-guerre, Renzo Mongiardino (1916-1998) demeure à jamais le grand ordonnateur de fastueux intérieurs à la théâtralité envoûtante, aux tonalités sourdes, tout en trompe-l’oeil, mobilier précieux et profusion de soieries.
« Il y a nombre de détails que j’aime ici », note Olivier Gabet, qui a signé la préface d’un beau-livre dédié au Castello di Cigognola. « Les interrupteurs peints qui disparaissent dans les décors muraux, la cheminée monumentale, les romans français Belle Époque dans les bibliothèques, l’élégance d’un petit tableau du XVIe siècle négligemment posé sur un cabinet Renaissance, sans oublier des touches de confort tout anglais. »
Cette vaste demeure recèle nombre de trésors: une bibliothèque, située dans la tour, conserve par exemple tous les anciens livres comptables du domaine. On peut admirer, dans une magnifique salle de bains à double exposition, une collection d’anciens portraits chinois peints sur verre accrochés aux murs. « Être ici, c’est pour moi comme vivre dans un musée », reprend Gabriele Moratti. « S’il est impensable de toucher à l’oeuvre de Mongiardino - tout y est d’une perfection absolue -, il n’est pas question non plus de faire de cette maison de famille un mausolée. Elle doit être vivante, ouverte sur notre époque. Faire entrer la musique, la danse, recevoir, cela permet de faire perdurer et de partager la magie des lieux. »
Le projet vise aussi à valoriser une région de Lombardie encore trop méconnue. « Contrairement à la Toscane ou à la Vénétie, elle reste discrète. La nature y est très belle, et l’architecture, avec de très beaux châteaux, n’est pas en reste. La gastronomie et les vins sont fantastiques aussi. »

Deux week-ends à la découverte du patrimoine lombard. La 24e édition de Ville Aperte in Brianza invite le public à (re)découvrir les charmantes villas, les demeures historiques et les sites artistiques de la région lombarde, aux portes de Milan. Le thème de cette édition, « Des histoires qui demeurent », met l'accent sur la valeur du récit : chaque lieu recèle des souvenirs, des personnages et des événements qui traversent le temps.
Construite sur l'emplacement d'un ancien couvent franciscain, la demeure fut transformée en résidence de campagne par la famille Cusani en 1651, conçue comme une « villa di delizia » : un lieu de villégiature en pleine nature, où les nobles venaient se retirer pour se consacrer aux loisirs et aux activités culturelles. L'architecte Giuseppe Piermarini, concepteur de la Villa Royale de Monza et du Teatro alla Scala de Milan, fut chargé de sa construction et imagina un ensemble monumental de style néoclassique. Au XIXe siècle, lors de son acquisition par la famille Traversi, la demeure fut agrandie et réorganisée par Pelagio Palagi, qui accentua son caractère scénographique et représentatif : la résidence fut enrichie d'éléments décoratifs (cycles picturaux, stucs, boiseries et mobilier) et d'un parc romantique à l'anglaise.

L’événement débutera par un concert d'ouverture, prévu le samedi 9 mai 2026 à 18h à l'Espazio Stendhal de la Villa Tittoni à Desio, mettant à l’honneur le flamenco. Nouveau souffle culturel qui résonne avec l’esprit de Ville Aperte in Brianza et les échanges artistiques cross-domaines. La visite guidée « Carolina Borromeo. Portrait d'une mère » au musée Bagatti Valsecchi de Milan est proposée le dimanche 10 mai, en hommage aux femmes qui ont marqué la culture et le goût de leur époque.
Pour la première fois, la Villa Burba Medici Cornaggia à Rho sera intégrée au programme des Villas Ouvertes de Brianza et accueillera les visiteurs. À la Villa Reale de Monza, les visiteurs peuvent admirer les œuvres de l'exposition itinérante UR-RA - Unity of Religions - Responsibility of Art de Michelangelo Pistoletto, conçue comme une expérience multidimensionnelle reliant art, spiritualité et religion. L’exposition « 0-99. Design for Play » sera également ouverte au Palazzo Arese Borromeo à Cesano Maderno.
Nel 1452 il Castello passò nelle mani della famiglia Castiglioni, quella di Baldassarre, che lo vendette nel 1486 Jacopo Trecchi. L’intuizione della storia locale suggère que Breda de' Bugni était à l’origine une enceinte castrale renforcée, puis intégrée lors d’aménagements renaissants. L’édifice montre une architecture médiévale préservée, avec des détails en terre cuite et des motifs de candelabres et de cornucopies rappelant les artisans terracottai. L’importance historique de Breda de' Bugni se lit aussi dans son statut administratif ancien, comme commune autrefois et non plus comme Castello isolé.
La zone de Breda de' Bugni et Castelverde présente une histoire riche de transformations: de l’époque des communes lombardes, aux dynasties des seigneurs et aux influences renaissantes. Les textes évoquent des liaisons avec Cremona et le réseau des castelli, et la présence de tours et de ponts levis dans les ensembles fortifiés. Dans le cadre des villes et villas de Brianza et des vallées lombardes, ce cas s’insère dans une vision plus large de la Lombardie: une région de fermes historiques, d’architectures néoclassiques et de paysages agricoles et viticoles, où l’art et l’histoire se mêlent aux pratiques agricoles modernes et à l’accueil du public.

| Site | Époque | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Breda de' Bugni | Moyen Âge, Renaissance | Fortification initiale, pont levis, tour(es), aile Renaissance |
| Castello di Cigognola | XIIIe siècle - aujourd’hui | Fortification transformée en domaine viticole bio, festival estival |
| Villa Tittoni - Desio | Contemporaine | Concert d'ouverture flamenco |
Dans cette région, les fermes historiques jouent aussi un rôle culturel et touristique majeur. La Lombardie abrite plus de 90 000 fermes, dont 55 000 encore actives, servant de cadre à l’œnotourisme et à l’agroalimentaire. Parmi elles, la Bandeggiata à Valleambrosia de Rozzano, Corte Mainolda à Mantoue, Farisengo à Cremone, Corte dei Gelsi à Oliva Gelsi et Cascina San Zago à Salò témoignent de la diversité et de la continuité des fermes lombardes, souvent fortifiées et dotées d’éléments défensifs et de cour centrales.