Boîte de conserve ancienne petit pois histoire: de l’invention à la consommation moderne

La boîte de conserve alimentaire est un contenant lié à l'alimentation datant du dernier quart du XIXe siècle. Complète, la boîte en fer-blanc est dotée d'un corps circulaire présentant une jonction soudée. Les extrémités sont fermées. L'extrémité du dessus est moulée de deux anneaux en relief et d'une inscription moulée en creux au centre « DV/3 », et les rebords sont légèrement renflés. Elle se présente sous la forme de deux étiquettes. Le fond de cette peinture porte un motif d'astérisques. Le fond de la boîte est ouvert, les parois sont cabossées et présentent des traces de rouille. J. Moulée en creux sur le dessus : DV / 3 ; Imprimée en noir sur l'étiquette : J.

La boîte de conserve alimentaire en fer-blanc est laminée, découpée et soudée entre 1878 et le début du XXe siècle à Bordeaux, en France. Fiton Ainé and Co. Cette compagnie est présente à Londres en 1866, et le produit fait l'objet d'analyses aux États-Unis en 1887, en 1889 et en 1892, indiquant que les petits pois de cette compagnie sont produits jusqu'à cette date ou à tout le moins consommés. La boîte de conserve alimentaire métallique sert à l'entreposage et à la conservation d'aliments comme des petits pois de façon hermétique et stérile, et ce, à température ambiante.

Déjà présente durant la seconde moitié du XVIIIe siècle pour la conservation de graisse alimentaire et de saumon salé, l'utilisation de la boîte en fer-blanc prend son essor au XIXe siècle avec les techniques de stérilisation mises au point par le français Nicolas Appert en 1795. N'ayant pas déposé de brevet pour son invention, celle-ci est récupérée par le Britannique Peter Durand en 1810. C'est une innovation importante, puisque la conserve en métal permet de préserver la nourriture et de la transporter plus facilement contrairement aux bouteilles et aux pots en verre. Toutefois, avant la révolution industrielle, la conserve est un produit dispendieux et les risques de contamination sont très élevés. Vers la fin du XIXe siècle et davantage au XXe siècle après la Première Guerre mondiale, la conserve devient plus accessible et de plus en plus appréciée des consommateurs. À partir des années 1940, la conserve se démocratise. Elle bouleverse alors les habitudes alimentaires : elle devient un objet courant se retrouvant dans toutes les maisons et toutes les épiceries au milieu du XXe siècle.

Infographie: Evolution des boîtes de conserve et dates clés

Le fond de cette boîte de conserve est ouvert de façon grossière, probablement pour la consommation du produit. La boîte de conserve alimentaire est mise au jour en 1974 sur le site de la maison Dupont-Renaud, située dans l'arrondissement historique de Place-Royale, dans la ville de Québec. Nicolas Dupont (vers 1632-1716), membre du Conseil souverain, garde des sceaux et seigneur de Neuville, acquiert ce terrain en 1662 et y érige une maison en 1686, qui sera détruite au cours du siège de Québec (1759). Jean Renaud (vers 1734-1794), négociant et grand voyer, fait construire une nouvelle demeure sur les fondations de l'ancienne maison en 1768. Il s'agit d'un bâtiment de pierre de trois étages et demi avec un toit à deux versants droits d'inspiration française. La maison est surhaussée et dotée d'un toit mansardé en 1870. La demeure accueille de nombreux occupants entre 1850 et 1915. La maison Dupont-Renaud est classée en 1964. La boîte de conserve alimentaire a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car elle témoigne de la variabilité des contenants et des produits alimentaires commercialisés au cours du dernier quart du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Elle a également été choisie parce qu'elle a été produite après 1878 par la compagnie J. Fiton Ainé and Co. et qu'elle contenait des petits pois. Il s'agit d'un objet rarement trouvé sur les sites archéologiques.

BLUMENTHAL, Otto. The British, Foreign and Colonial Trade Marks' Directory, Londres, 1866. MCELROY, K. P. « Part Eight : Canned Vegetables ». WILEY, Harvey Washington. Foods and Food Adulterants. Département de l’Agriculture, Division de Chimie, s.d. p. PICARD, François-Dominique. Maison Dupont-Renaud (lot 2130), Place-Royale, Québec, rapport de fouilles archéologiques, janvier-mars 1974. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Ministère des Affaires Culturelles, 1974.

Ringarde la boîte de conserve ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 80 milliards de boîtes sont produites chaque année pour les 8 milliards d’habitants de la planète. L’histoire de la boîte de conserve commence à la toute fin du XVIIIe siècle, à Paris. Nicolas Appert, confiseur et fils de vigneron, a l’idée de placer des aliments dans une bouteille de verre épaisse, d’une qualité équivalente à celles utilisées par son père pour le champagne. Il la ferme hermétiquement et la fait bouillir au bain-marie. Nicolas Appert vient d’inventer l’appertisation. Peter Durand, un commerçant britannique, ne mettra pas deux mois pour le faire à sa place, dans la foulée de sa publication. Leur gros avantage par rapport aux contenants en verre utilisés par Nicolas Appert, c’est leur solidité. Très vite, les marins vont l’adopter. C’est la solution à tous les problèmes d’approvisionnement en vivres frais pour les longs voyages en mer. Les guerres jouent un rôle fondamental dans l’histoire de la boîte de conserve. Elles contribueront largement au développement de sa production, notamment la guerre de Sécession aux États-Unis, à partir de 1860. Aux États-Unis, tout se met déjà en boîte à l’abri des parasites et de l’humidité, que ce soit du chewing-gum, du sirop d’érable, des cosmétiques ou du tabac. Fabriquer des conserves est alors long et coûteux. Les consommateurs se méfient de cette nourriture que l’on ne peut pas voir avant d’acheter. Il faut reconnaître que les méthodes de stérilisation ne sont alors pas toujours optimales. Les industriels américains mettent alors en place des campagnes publicitaires. La boîte de conserve s’installe ainsi dans les habitudes des anglo-saxons. Pratique, elle permet de gagner un temps précieux dans la préparation des repas. De leur côté, beaucoup de Français expérimentent la boîte de conserve au cours de la Première Guerre mondiale. Après le poisson, la viande, les fruits et les légumes, c’est l’avènement des plats préparés. Les spécialités du terroir se mettent en boîte. Quasiment toutes les préparations peuvent être mises en conserve. Les emballages métalliques accompagnent ainsi le développement de l’industrie touristique. En même temps que le contenu, le contenant évolue. Pendant plus de 40 ans, ouvrir une boîte de conserve était une opération plutôt risquée. Le premier ouvre-boîte a été inventé dans les années 1850. En 1894, c’est la boîte de sardine à ouverture par décollage. Le vernis de protection qui évite la corrosion du métal et isole le contenu de la boîte a été assaini. Comme le verre, l’emballage métallique est un matériau permanent. Une fois triées, les boîtes sont refondues pour fabriquer de nouveaux produits. C’est vers elle que les consommateurs se tournent en temps de crise. Pour son prix, mais aussi son côté rassurant. Une tendance qui s’est à nouveau vérifiée pendant la pandémie du Covid 19. Mais s’il faut rétablir une vérité en conclusion, c’est bien celle du mythe de Popeye. On ne compte guère, en effet, que 3 milligrammes de fer pour 100g d’épinards. Rapidement, haricots, épinards et pruneaux ont également trouvé leur place dans les boîtes.

Image comparative des boîtes de conserve anciennes et modernes

Ce qui a toujours fait la force de l’entreprise fondée par Toni Hilti est son sens aigu des besoins de sa clientèle. Lorsque Scana Konservenfabrik fut finalement rebaptisée Hilcona en 1973, les deux piliers, conserves et produits surgelés, étaient déjà solidement établis. Le troisieme segment est venu s’ajouter dix ans plus tard avec l’introduction des produits frais. La multiplication des réfrigérateurs chez les particuliers ouvre alors de nouvelles possibilités pour conserver et consommer des aliments frais. En 1993, Hilcona se lance dans la production de pizzas réfrigérées. À la fin des années 1990, la production fut regroupée dans une nouvelle usine de pizzas à Orbe. Entre-temps, les produits frais réfrigérés comme les pâtes, les pizzas et les sauces étaient devenus le secteur d’activité le plus important à Schaan, portés par la tendance aux repas faciles à préparer au quotidien avec des ingrédients frais. Hilcona a franchi l’étape suivante en se lançant dans la fabrication de produits ultra-frais des 2002. Dès lors, elle assure la livraison en quelques heures de sandwichs fraîchement garnis aux stations-service et kiosques de toute la Suisse. Par ailleurs, Hilcona occupe une position pionnière sur le marché des substituts de viande. Avec cette démarche, l’entreprise liechtensteinoise s’adresse à une nouvelle cible : aux personnes qui attachent de l’importance à la durabilité, à la santé et à une consommation responsable.

Schéma: évolution des gammes Hilcona et place des conserves dans les années 1950-2000

Conserves de petits pois et de confiture de cerises de l’entreprise Hero, produites entre 1900 et 1938. Musée national suisse. Petit contenant métallique anodin, la boîte de conserve a connu son essor dans la société de consommation naissante des années 1950. La publicité pour les conserves reflète l’évolution sociale et culturelle de l’époque. Chiara Jehle, dans le cadre de son mémoire de master en histoire, étudie la publicité pour les conserves de Hero AG. La boîte de conserve fut inventée par le Français Nicolas Appert au début du 19e siècle, sous l’impulsion de Napoléon. Napoléon, qui devait nourrir ses troupes, mit en 1795 une récompense de 12 000 francs à quiconque trouverait une méthode permettant de conserver les aliments. Nicolas Appert remporta la mise en 1810, à la suite de la publication de sa méthode de stérilisation à la chaleur, à l’époque encore appelée « appertisation ». La boîte de conserve, qui fut perfectionnée au cours des décennies suivantes, répondait parfaitement aux besoins de l’armée. Les aliments qu’elle contenait se conservaient durablement et leur format compact facilitait leur transport. Au cours du 20e siècle, la conserve fut largement utilisée pour constituer des réserves, notamment en période d’instabilité politique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Confédération invita ainsi la population suisse à acheter des boîtes de conserve pour constituer une ration d’urgence. En bref, la boîte de conserve était idéale dans les situations de crise. En Suisse, dans les années d’après-guerre, l’essor de la société de consommation entraîna une chute des ventes de l’industrie de la conserve. Pour rester compétitifs et se démarquer de la concurrence, les fabricants durent s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation en opérant des changements radicaux, tant dans leurs gammes de produits que dans leurs stratégies de commercialisation.

La fabrique de conserves Hero à Lenzbourg, 1931. Hero, fondée en 1886 à Lenzbourg, connut une activité particulièrement florissante. L’entreprise, qui s’était déjà solidement établie sur le marché suisse avant la Seconde Guerre mondiale, quintupla presque ses ventes dans les années qui suivirent. Au-delà des adaptations apportées à sa gamme de produits, Hero modifia avant tout sa stratégie publicitaire en l’alignant sur les évolutions sociales et culturelles de l’époque. Préservation des valeurs et des fruits. La disponibilité des produits en toute saison constituait initialement l’argument de vente phare de l’industrie de la conserve. Dès les années 1920, la publicité promettait une alimentation affranchie de toute contrainte saisonnière. Les procédés de stérilisation à la chaleur, notamment la fameuse méthode Weck, permirent par ailleurs aux particuliers de s’essayer au « fait maison ». Ces procédés auraient freiné les ventes de l’industrie de la conserve selon Hero en 1950. À l’époque, on estimait que le procédé de stérilisation à la chaleur devait son succès aux ménagères. La publicité Hero des années 1950 et 1954 mettait en scène Frau Erika et promouvait la commodité des conserves pour les familles modernes.

Affiche Hero publicitaire 1950s: Frau Erika et l’indépendance culinaire

Dans les années 1950, Hero cible une nouvelle clientèle: des consommateurs novices en cuisine. La publicité de 1956 pour les raviolis Hero s’adresse aussi aux hommes et à ceux qui voyagent: « Herr Professor » tente de réchauffer des raviolis en conserve et démontre comment les conserve facilitent la préparation des repas. L’évolution des campagnes publicitaires reflète une société de consommation en transition, où les conserves deviennent un symbole de confort et de praticité.

Le lien entre les raviolis Hero et les vacances en Italie apparaît clairement dans une publicité de 1956. Le texte suggère que les raviolis évoquent des souvenirs de vacances et que les plats en conserve facilitent une expérience culinaire expatriée sans quitter la maison. Des raviolis Hero, puis des spécialités italiennes et des currys indiens s’ajoutent à l’assortiment, démontrant l’élargissement des goûts et l’intégration de saveurs internationales dans les boîtes de conserve. Cette expansion illustre la manière dont les conserves participent à l’unification des habitudes alimentaires mondiales.

  1. Perspectives historiques et techniques: appertisation, Durand, fer-blanc et innovations d’ouverture.
  2. Rôle des guerres et expansion industrielle favorisant l’accès et la démocratisation des conserves.
  3. Évolution socioculturelle: publicité Hero, représentation des genres et des voyages à travers les aliments en conserve.
  4. Cas d’étude: boîte de petit pois Fiton Ainé and Co. et son contexte archéologique québécois.

En résumé, la boîte de conserve incarne une technologie de conservation et un miroir des transformations sociales, passant d’un objet coûteux et risqué à un produit omniprésent, symbole de modernité et de commodité alimentaire à travers le XXe siècle et au-delà.

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