Biscuiterie Bourdon et l’histoire des gaufres vergeoise : fabrication, produits et perspectives

Lucien Bourdon a commencé en 1962, avec un vieux gaufrier. Petit à petit, sa production a grandi, et il séduit maintenant la grande distribution, avec ses gaufres fines, liégeoises, artisanales ou encore pâtissières. La recette du succès? Corinne, directrice de la biscuiterie, son frère Lucien, chef de production, leur père, Lucien Bourdon également, fondateur de l’entreprise, et sa petite-fille, Maria. Trois générations réunies.

Avant d’avoir cet aspect, les gaufres passent par différentes étapes... On vous les présente. Avez-vous déjà vu… ?

Origines et croissance de l’entreprise familiale

La biscuiterie Bourdon est née « dans un garage en 1962 », rappelle Corinne Bourdon. « Mon père Lucien s'est formé à la boulangerie quand il était jeune. C'est à Saint-Omer qu'il a appris à réaliser des gaufres fines, entre autres pâtisseries ». Il se dit que ce produit pourrait bien marcher. Avec son pétrin et une douzaine de gaufriers à main, Lucien Bourdon enchaîne les cuissons et « ravitaille les gens sur les marchés », poursuit-elle. Ses produits ont commencé à être vendus dans les supermarchés à la fin des années 60. « Il a ensuite progressivement étoffé sa gamme de gaufres et multiplié les salons professionnels, pour continuer à se former et trouver les dernières nouveautés ». Voilà comment il rencontre, notamment, les promoteurs d'un four belge.

Au fil du temps, l’entreprise s’est structurée autour d’une chaîne de production moderne. Elle s’est délocalisée en 2001 dans le village d’Helfaut pour construire son actuelle fabrique de biscuits sur 2 000 mètres carrés. Aujourd’hui, c’est sa fille Corinne qui dirige l’entreprise qu’elle a rejointe en 1983. « Toute petite, je venais. Les ateliers étaient derrière notre maison. J’y travaillais pendant les vacances d’été. » Son frère, qui se prénomme aussi Lucien, s’occupe quant à lui de la production. Maria, petite-fille, a rejoint les rangs il y a un peu plus d’un an et gère le site Internet et le magasin, apportant une dimension moderne et commerciale à l’entreprise.

Les produits et les procédés de fabrication

L’entreprise propose quatre produits différents: fines, artisanales, liégeoises, et pâtissières. Dans l’usine, quatre lignes de production sont prévues. L’une des particularités de ce met? Les produits sont locaux: sucre de Lillers, farine d’Aire-sur-la-Lys, œufs de Roncq… même les emballages viennent de Sical, à Lumbres. « On travaille le plus possible avec nos voisins », souligne Corinne.

Depuis un peu plus d’un an, Maria, la fille de Corinne, a rejoint les rangs de l’entreprise, avec sa sœur, qui gère le magasin situé à l’entrée. Maria s’occupe du site Internet: « C’est important, ça manquait ». Marchand, il permet d’être livré en France. Prochaine étape: « Toute l’Europe ». L’usine gère la production, le conditionnement, et dispose d’un camion, qui « fait sa tournée » quotidiennement. Le reste de la production est acheminé par des transporteurs. 70% partent vers la grande distribution. L’entreprise Bourdon a aussi pour clients la restauration hors foyers (cantines, hôpitaux), via des grossistes. Elle s’est aussi lancée il y a environ cinq ans dans la distribution automatique, secteur dans lequel la biscuiterie souhaiterait se développer. Autres perspectives d’avenir: une gamme de produits bio a fait son apparition. Une référence que les dirigeants souhaitent explorer. Tout comme de nouvelles saveurs. Par exemple, des gaufres fines à la chicorée sont actuellement testées. « Elles sont bonnes! »

Au niveau de la recette, les Bourdon restent secrets sur les doses. « La recette du succès », répondent-ils, en échangeant un regard complice, listant les ingrédients: beurre, sucre, farine… mais sans dévoiler les quantités exactes. C’est un peu comme la potion magique d’Astérix.

Processus de fabrication et localisation des matières premières

Description du processus: Au départ, de grands pétrins font danser une pâte épaisse ou liquide, garnie de chicorée ou de perles sucrées, en fonction de la recette. Elle est ensuite transférée dans une trémie, puis divisée en pâtons. Une ronde répétitive, délivrant en bout de chaîne des gaufres fines, pâtissières ou liégeoises dont les ingrédients de base sont triés sur le volet. La farine provient des Moulins du Nord d'Aire-sur-la-Lys, les œufs de Roncq, le beurre d'Abbeville et le sucre du groupe coopératif Tereos de Lillers.

Au conditionnement, les gaufres sont rangées dans différentes boîtes. % des gaufres partent pour la grande distribution, soit par le camion de l’entreprise, soit par d’autres transporteurs. L’usine gère la production, le conditionnement, et dispose d’un camion, qui fait sa tournée quotidiennement. Le reste de la production est acheminé par des transporteurs.

Impact économique et axe de développement

Le bilan économique est attractif: onze millions d'euros de chiffre d'affaires annuel et une masse salariale qui croît au rythme du développement de l'entreprise. Avant l'arrivée de la cinquième et dernière ligne de production, opérationnelle depuis le mois de mars, l'entreprise comptait 38 salariés. Aujourd'hui, entre cinq et dix tonnes de gaufres sortent chaque jour de l'usine Patis'Nord-Biscuiterie Bourdon. Elles rejoignent une multitude de points de vente répartis principalement dans le Nord-Pas-de-Calais, puis dans les supermarchés de la grande distribution sur l'ensemble du territoire français, voire des enseignes à l'étranger comme en Belgique. L'entreprise travaille aussi avec des grossistes et des collectivités pour fournir certaines cantines.

En 2024, l’investissement lancé a atteint 3,7 millions d'euros en comptant les machines et les aménagements nécessaires à l’installation de la nouvelle ligne. L’objectif de cette ligne de fabrication est de gagner en respiration et de permettre de prendre de nouveaux marchés. Aujourd’hui, la biscuiterie compte transformer sa charte graphique l'année prochaine et tester de nouvelles recettes en parallèle.

Engagement local et identité régionale

Tout comme la localisation des matières premières témoigne d’un ancrage fort: les Moulins du Nord, Aire-sur-la-Lys; les œufs de Roncq; le beurre d’Abbeville; le sucre du groupe coopératif Tereos de Lillers; les emballages provenant de Sical, à Lumbres. L’image de marque reste fortement portée par l’histoire familiale et le bouche à oreille: « Le bouche à oreille », selon Corinne Bourdon, contribue à faire connaître les gaufres Bourdon, présentes dans la région et au-delà.

Carte illustrant la localisation des partenaires et zones de production (Lillers, Aire-sur-la-Lys, Roncq, Abbeville, Blendecques/Helfaut)

La boutique magasin de l’usine permet encore d’attirer les clients directement sur le site. La marque associe tradition et modernité: gaufres fines nappées de chocolat, pâtissières, ou liées à la vergeoise. Maria Bourdon souligne l’importance du site Internet et de l’accès online pour toucher une clientèle plus large et, potentiellement, européenne.

La gaufre andennaise s’exporte en France - Canal C - février 2017

Variantes et résultats

  • Gaufres fines
  • Gaufres liégeoises
  • Gaufres pâtissières
  • Galettes fines à la vergeoise ou à la chicorée

En outre, la gamme s’élargit avec des tests de nouvelles saveurs et des initiatives bio, montrant une volonté d’innovation tout en restant fidèle au savoir-faire familial.

Produit Description Origine des matières premières
Fines Gaufres fines nappées ou non Farine Aire-sur-la-Lys, œufs Roncq, beurre Abbeville
Liégeoises Gaufres caractérisées par les perles de sucre Sucre Lillers, œufs Roncq
Pâtissières Gaufres plus épaisses et nappages éventuels Beurre Abbeville, sucre Lillers
Version vergeoise Galettes fines à la vergeoise Vergeoise et chicorée selon recette

Aujourd’hui, discussion ouverte sur l’avenir: « Toute l’Europe » pourrait être la prochaine étape après une présence déjà bien établie en France. L’objectif reste clair: croissance soutenue, diversification et maintien des valeurs familiales qui ont présidé à l’essor de la biscuiterie Bourdon.

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