L'été 1940 marque un tournant décisif dans la Seconde Guerre mondiale, une période de bouleversements militaires et politiques majeurs qui redessinent le paysage géopolitique de l'Europe. Le 18 juin 1940, alors que la France s'effondre sous l'assaut des forces allemandes, le Général de Gaulle, alors général de Brigade et ancien secrétaire d'État à la Guerre et à la Défense nationale, lance depuis Londres un appel retentissant sur les ondes de la BBC. S'adressant aux soldats, ingénieurs et techniciens français, il les exhorte à le rejoindre pour poursuivre la lutte contre l'Allemagne nazie. « L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! », proclame-t-il, affirmant que « cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France ». Cet appel symbolise le début de la France Libre, une voix de résistance qui s'élève des ruines d'une nation vaincue.
L'Exode et la Résistance : Refus et Survie face à l'Occupant
Pour de nombreux Français, échapper à l'occupant nazi n'est pas seulement un acte de refus, mais aussi un acte de survie. C'est dans ce contexte de détresse et de bouleversement que des figures intellectuelles et juridiques s'engagent dans la résistance. Raymond Aron, jeune philosophe juif, quitte son détachement à Bordeaux et s'embarque à Saint-Jean-de-Luz, cherchant un chemin vers la liberté. Sur le même bateau, le hasard fait se rencontrer René Cassin, juriste français d'origine juive, qui avait démissionné de son poste de représentant de la France à la Société des Nations en 1938 après les accords de Munich. Cassin, qui deviendra le « Juriste de la France Libre », est le premier à concevoir, en février 1943, l'idée d'une entente entre les résistants de l'intérieur et ceux de la France Libre, une union qui donnera naissance au Conseil de la Résistance.

Pendant ce temps, sur le territoire national, le chaos règne. En mai 1940, profitant des défaillances militaires françaises, l'armée allemande envahit le territoire national par les Ardennes. Des réfugiés affluent des régions du nord de la France et d'Europe, traversant des départements comme la Seine-et-Marne, où des villes comme Lagny et Meaux deviennent des points de passage chaotiques. L'armée française, dans une retraite désordonnée, atteint la Seine-et-Marne début juin, tentant de ralentir l'avancée allemande le long de la Marne. Cette ligne de front est abandonnée le 12 juin, et des combats éclatent, notamment à Luzancy. Le 14 juin, les troupes allemandes sont à Meaux ; le 15 juin, elles atteignent Brie-Comte-Robert et Melun. La Seine-et-Marne subit des attaques aériennes et des bombardements allemands visant à entraver la retraite des troupes françaises. Le 24 mai 1940, le préfet Voizard rappelle que le repliement de la population civile est interdit, mais la panique pousse les habitants à se jeter sur les routes pour fuir l'avancée de la Wehrmacht.
Des scènes d'exode se déroulent, les populations fuyant vers les régions du sud protégées par la Seine, et certaines communes du département sont évacuées. Thomery et Bois-le-Roi accueillent des malades de l'hospice de Jouarre et de la Ferté-sous-Jouarre, tandis que des milliers de personnes trouvent refuge dans la forêt de Fontainebleau. Si de nombreux élus, comme Arthur Chaussy à Brie-Comte-Robert, restent à leur poste, d'autres, à Melun et Meaux, quittent leurs fonctions, entraînant la débandade des fonctionnaires et agents publics. Dans les villes désertées, parfois victimes de bombardements, des pillages sont perpétrés. La Seine-et-Marne devient un théâtre de désolation, mais aussi une terre d'accueil pour des milliers de réfugiés. Au milieu de ce chaos, les troupes d'occupation s'installent. L'armistice, signé le 22 juin 1940, marque le début d'une nouvelle ère, et certains habitants commencent à revenir progressivement entre la fin juin et la fin juillet.

L'Armistice de Rethondes : Une Mise en Scène de Propagande et un Symbole de la Défaite
Le 22 juin 1940, la France et l'Allemagne signent un armistice dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne. Cette date, choisie par Adolf Hitler pour sa valeur symbolique, vise à effacer l'humiliation infligée à l'Allemagne lors de l'armistice de 1918, signé dans le même wagon. Le général Charles Huntziger, chef de la délégation française, se retrouve au cœur d'une mise en scène orchestrée par la propagande nazie. Le wagon de l'Armistice, sorti de son musée, devient le théâtre d'une négociation où les vainqueurs imposent leurs conditions. Hitler, désireux de laver l'affront de 1918, fait recouvrir le monument aux Alsaciens-Lorrains d'une immense croix gammée, et la dalle sacrée portant le message "Ici le 11 novembre 1918 succomba le criminel orgueil de l'Empire allemand vaincu par les peuples libres qu'il prétendait asservir" est dissimulée.
1940, les secrets de l'armistice - Les enregistrements cachés
La délégation française, menée par Huntziger, tente de préserver la flotte et l'aviation, mais les conditions imposées par le IIIe Reich sont redoutables. L'article 3 de la convention d'Armistice stipule que "dans les régions françaises occupées, le Reich allemand exerce tous les droits de la puissance occupante", laissant une marge de manœuvre immense aux Allemands. L'article 18 met à la charge du gouvernement français les "frais d'entretien des troupes d'occupation", une dîme écrasante. L'article 19, particulièrement cruel, oblige le gouvernement français à livrer sur demande tous les ressortissants allemands désignés par le Reich, foulant aux pieds le droit d'asile et condamnant les opposants au nazisme réfugiés en France. Malheureusement, sous la pression et l'urgence de signer pour faire cesser les hostilités, la délégation française cède sur la plupart des points. L'armistice est signé, ouvrant la voie à la collaboration et à une occupation qui va marquer durablement le pays. Après le départ des Français, Hitler ordonne la destruction de la clairière, le wagon est emporté, et les monuments démantelés, ne laissant qu'une statue du maréchal Foch comme témoignage de la victoire de 1918.
L'Or de la Banque de France : Une Fuite Discrète Face à l'Invasion
Dans le tumulte de l'année 1940, une autre opération d'envergure se déroule dans l'ombre : l'évacuation de l'or de la Banque de France. Dès le début des années 1930, face à la montée des tensions internationales et à l'arrivée d'Adolf Hitler au pouvoir, la France anticipe une éventuelle invasion allemande. Des instructions sont données pour sauvegarder les réserves métalliques du pays. Dès le printemps 1933, une partie de l'or des succursales frontalières et de Paris est évacuée vers des comptoirs plus sûrs dans l'ouest et le centre de la France. Une "sous-commission d'évacuation et de repliement" est créée pour organiser ces opérations complexes, définissant les procédures de sécurité, les itinéraires, et les moyens de transport.

En 1938, face à l'invasion des Sudètes par l'Allemagne nazie, une nouvelle vague d'évacuation a lieu, acheminant des centaines de camions et de wagons de réserves vers la "zone de sécurité". Il ne reste alors à Paris qu'une partie de l'or initial. À partir de septembre 1939, l'or polonais, arrivé en France, est également évacué vers la Roumanie, puis vers Ajaccio et Beyrouth. Des convois maritimes, comme la "Force Z" composée de croiseurs et d'un cuirassé, sont mis en place pour transporter l'or vers les États-Unis, notamment vers la Federal Reserve Bank de New York. D'autres convois suivent, acheminant des tonnes d'or français et britannique vers Halifax.
Avec l'offensive éclair de la Wehrmacht en mai 1940, la décision est prise d'évacuer tout l'or français hors de l'Hexagone. Des ports comme Brest, Le Verdon et Toulon deviennent des points de départ cruciaux. L'or est chargé sur des navires comme le porte-avions Béarn, les croiseurs Dunkerque, Marseille, Jean de Vienne, et des paquebots comme le Pasteur. Les convois naviguent vers Halifax, puis vers Casablanca et Dakar, pour finalement échouer dans les casemates du Fort Desaix en Martinique, où il restera stocké sous haute surveillance jusqu'à la fin de la guerre. La présence de cet or entraîne un blocus total de l'île par les navires anglais et américains. Une partie de l'or, initialement destinée à Halifax, est réorientée vers Casablanca puis Dakar. Finalement, une quantité importante d'or, environ 15 tonnes, est évacuée depuis Saint-Louis près de Bordeaux sur le croiseur Primauguet, puis transférée vers Casablanca et enfin vers New York. L'évacuation de l'or de la Banque de France, menée dans des conditions chaotiques et sous la menace imminente de l'ennemi, représente une opération logistique d'une ampleur considérable, visant à préserver les ressources financières de la France face à l'effondrement militaire.
La Dissuasion Nucléaire : Pilier de la Souveraineté Française
Au milieu de ces événements dramatiques, un autre aspect de la stratégie française prend son essor : la dissuasion nucléaire. Le Général de Gaulle, dès 1965, affirmait la nécessité d'une marine "qui soit en mesure de frapper fort, de frapper comme c'est sa nature, sur la mer et, depuis la mer, tout ennemi de la France, de le frapper avec les armes les plus puissantes qui soient et de le frapper, le cas échéant, sans réserve et sans condition". Cette vision, axée sur l'indépendance et la souveraineté, a conduit à la mise en place d'une force de dissuasion nucléaire française organisée en deux composantes : la composante océanique de la marine, avec les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) et leurs missiles M51, et la composante aéroportée, avec les Forces aériennes stratégiques (FAS).

La dissuasion nucléaire a pour but de décourager tout agresseur de s'en prendre aux intérêts vitaux de la France, au risque de subir des "dommages absolument inacceptables". Sa doctrine est strictement défensive, visant à empêcher la guerre par la menace de représailles dévastatrices. L'agression de la Russie contre l'Ukraine a mis en lumière l'importance de cette capacité, rappelant que la paix relative en Europe depuis plus de 70 ans est en partie le fruit de la dissuasion française. La France maintient un arsenal de moins de 300 têtes nucléaires, une "stricte suffisance" qui témoigne de sa responsabilité en matière de non-prolifération.
La crédibilité de cette dissuasion repose sur l'excellence de sa base industrielle et technologique, regroupant des milliers d'entreprises, des grands maîtres d'œuvre aux petites et moyennes entreprises spécialisées dans des niches technologiques. La modernisation des moyens existants, à travers des programmes de simulation et le développement de nouvelles générations de missiles, est constante. Les lois de programmation militaire, comme celle de 2024-2030, allouent des budgets conséquents à la dissuasion, garantissant sa permanence, sa crédibilité et sa robustesse face aux défis actuels et futurs. Le soutien de l'opinion publique, mesuré par des baromètres réguliers, confirme la confiance des citoyens dans cette stratégie, essentielle à la souveraineté et à la liberté d'action de la France dans un monde marqué par le retour des confrontations brutales de puissances.
L'Héritage du Conseil National de la Résistance : Une Histoire Réécrite ?
Le Conseil National de la Résistance (CNR), né de la volonté de lutter contre l'occupant nazi, est souvent présenté comme l'architecte de la Sécurité sociale française, une conquête sociale majeure issue de la clandestinité. Cependant, une analyse plus approfondie révèle une réalité plus nuancée, voire controversée. L'historiographie courante, alimentée par des acteurs du système comme Pierre Laroque, tend à construire un "storytelling" où la Sécurité sociale est présentée comme une révolution sociale "les armes à la main", arrachée aux "suppôts de Vichy".
Cette narration, bien qu'habile, permet de "sanctuariser" la Sécurité sociale, rendant toute remise en cause difficile. L'invocation de la résistance "les armes à la main" crée un sophisme qui écarte tout débat : ceux qui défendent la Sécurité sociale sont assimilés aux résistants, tandis que ceux qui souhaitent en réexaminer les fondements sont potentiellement des collaborateurs. Ce mécanisme, souvent qualifié de "point Godwin", a permis d'évacuer tout débat sérieux sur le sujet en France depuis des décennies.
Pourtant, Pierre Laroque lui-même reconnaissait que la Sécurité sociale ne fut pas inventée "ex nihilo" et que de nombreux problèmes sociaux avaient déjà été abordés dans les années 1930. La loi du 30 avril 1930 avait déjà posé les bases d'un régime d'assurances maladie et vieillesse obligatoires pour les salariés aux revenus modestes, un modèle qui ressemble étrangement à celui de 1945, basé sur une affiliation déclenchée par le recrutement et une responsabilité de l'employeur. Le financement par l'État, les salariés et l'employeur, caractéristique du régime général actuel, figurait déjà dans la loi de 1930, héritée du système bismarckien.
Dès cette époque, plusieurs professions avaient organisé leurs propres systèmes de protection sociale, comme les mineurs, les cheminots, les fonctionnaires. Ces populations se battront ultérieurement pour conserver leur régime spécifique en dehors de la Sécurité sociale prétendument universelle. L'affirmation selon laquelle le CNR aurait inventé un modèle destiné à protéger les plus pauvres contre les intérêts des privilégiés ne colle pas à la réalité. La question du prolétariat était déjà largement réglée en France dès 1930, et la Sécurité sociale de 1945 n'a guère fait mieux que le législateur de 1930 pour les plus pauvres.
Un autre point d'intérêt concerne la question de l'âge de la retraite. Le système de 1930 ouvrait des droits à 60 ans, un âge curieusement plus favorable que le système de 1945, qui, par un système complexe de bonifications, incitait fortement à rester au travail jusqu'à 65 ans. Cette subtilité, souvent passée sous silence par Pierre Laroque, souligne la fragilité du dogme de l'optimum social acquis grâce à l'ordonnance de 1945. Le système de 1930, initié par la loi de 1910 sur les retraites ouvrières et paysannes, offrait également une grande liberté à l'assuré face à sa retraite, avec un compte de capitalisation individuel géré "au gré de l'assuré", le responsabilisant dans l'utilisation du capital épargné.
L'idée d'une invention révolutionnaire de la Sécurité sociale par le CNR, bien que véhiculée avec lyrisme, occulte les fondements déjà établis dans les années 1930 et les complexités de la mise en place de ce système. L'héritage du CNR, tel qu'il est souvent présenté, semble être davantage le fruit d'une construction narrative destinée à légitimer un système, plutôt qu'une stricte restitution des faits historiques.
1940, les secrets de l'armistice - Les enregistrements cachés
Les Alliés Tchécoslovaques et Polonais : L'Évacuation et la Poursuite du Combat
Au cœur de l'été 1940, alors que la France capitule, une autre réalité se joue sur les quais des ports méditerranéens : l'évacuation des soldats alliés. À Sète, les 24 et 27 juin, plus de 3 600 soldats tchécoslovaques, rescapés de la bataille de France, embarquent avec le général Rudolf Viest pour continuer le combat en Angleterre. Ces hommes font partie de la division d'infanterie tchécoslovaque en France, formée au Centre d'instruction d'Agde. À Port-Vendres et Marseille, l'aviation polonaise évacue également pour la même destination.
Aviateurs et officiers belges, jeunes Français, républicains espagnols, civils, femmes et enfants profitent dans un désordre indescriptible des navires marchands mis à disposition en hâte par la marine britannique. Sur la côte atlantique, entre le 19 et le 25 juin, 20 000 combattants polonais réussissent à embarquer, aux côtés de Français et de Tchécoslovaques. Pour ces soldats alliés, ce fut un vaste "sauve-qui-peut" et une course contre la montre avant qu'il ne soit trop tard.
Lorsque la demande d'armistice est faite, suivie de l'annonce de la cessation des combats par le maréchal Pétain le 17 juin 1940, deux armées alliées engagées aux côtés des Français combattent encore : l'armée tchécoslovaque et l'armée polonaise. Tchécoslovaques et Polonais savaient contre qui et pourquoi ils combattaient. Entre octobre 1938 et septembre 1939, la Tchécoslovaquie, puis la Pologne, avaient été envahies, vidées de leur substance nationale. La France, par ses liens diplomatiques et amicaux, avait constitué un refuge pour ces nations meurtries. Tchécoslovaques et Polonais avaient pu y reconstituer une représentation politique et des forces armées qui participèrent aux derniers jours de la bataille de France. Déterminés coûte que coûte à éliminer "la barbarie", l'armistice était pour ces deux pays un non-sens.
L'anéantissement de la Tchécoslovaquie, avec l'annexion de la Bohême-Moravie le 15 mars 1939, avait marqué un point de non-retour. Les accords de Munich avaient été foulés aux pieds. Face à cette situation désespérante, des organisations de résistance intérieure se mirent en place, et un premier exil commença. Des civils, des diplomates, des juristes, des ingénieurs, et surtout des militaires de carrière, rejoignaient illégalement la France, souvent par la Pologne, puis par la route des Balkans. À Paris, un Bureau militaire tchécoslovaque fut ouvert en août 1939, et le gouvernement français s'engagea à intégrer les arrivants dans une armée tchécoslovaque dès que la guerre serait déclarée. En attendant, ils étaient envoyés dans la Légion étrangère en Algérie.
Le 1er septembre 1939, la Pologne est envahie par les armées nazies. La France et l'Angleterre, après un an d'hésitation, déclarent la guerre. Varsovie n'est que ruines fumantes. Le secours n'est pas venu. La France et l'Angleterre n'ont pas fait grand-chose pour s'opposer à l'envahisseur malgré leurs engagements antérieurs. Après l'attaque soviétique à l'Est, le gouvernement polonais trouve refuge en Roumanie, puis en France. Un gouvernement polonais "légalement" épuré de ses anciens dirigeants est mis en place à Paris fin septembre, avec des figures francophiles comme Władysław Raczkiewicz, général Władysław Sikorski et August Zaleski. Des dizaines de milliers de soldats polonais rejoignent la France, où Coëtquidan devient le centre principal de formation. Plusieurs unités sont constituées, dont une brigade blindée. La base aérienne de Lyon-Bron devient le centre d'instruction de l'aviation polonaise.
Grâce à la persuasion et aux discussions avec les autorités françaises, l'ambassadeur de Tchécoslovaquie à Paris, Štefan Osuský, obtient la création de l'armée tchécoslovaque sur le territoire français. Un accord est signé en octobre 1939, permettant la reconstitution d'une armée tchécoslovaque dépendante politiquement du "gouvernement provisoire tchécoslovaque". Ce gouvernement, reconnu par la France en novembre, comprend des figures clés comme Edvard Beneš, Mgr Jan Šrámek, le général Sergej Jan Ingr, Eduard Outrata, Hubert Ripka, Štefan Osuský, Juraj Slávik et le général Rudolf Viest. La mobilisation de tous les ressortissants tchèques et slovaques entre 18 et 50 ans est décrétée.
Le Centre d'instruction d'Agde, ouvert dès septembre 1939, accueille les premiers soldats, dont des aviateurs. Les conditions d'hébergement sont déplorables, mais deux régiments d'infanterie, ainsi que des unités d'artillerie, de génie et de liaison, sont mis en place. En mai 1940, face à l'attaque allemande, deux régiments sur trois de la division d'infanterie, soit 5 000 hommes, sont envoyés sur le front, malgré un manque criant d'effectifs, de matériel et de munitions. Ces soldats, souvent dotés d'armes de la Première Guerre mondiale, combattent dans des conditions extrêmes. L'armée de l'air, forte d'environ 900 hommes, participe également à la campagne. La retraite de ces troupes alliées, aux côtés des Français, illustre la solidarité internationale face à l'agression nazie, une solidarité qui se poursuit par l'évacuation vers l'Angleterre pour continuer la lutte.